Accident vasculaire cérébral (AVC) : des progrès mesurés

Première cause de décès chez les femmes et troisième chez les hommes, l’AVC a donc fait l’objet d’un Plan d’action national de 2010 à 2014. L’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes) vient d’en publier les premiers résultats, positifs dans l’ensemble.

Chaque année en France, plus de 150 000 personnes sont victimes d’un AVC*. Dans la plupart des cas ces attaques cérébrales soudaines pourraient être évitées en adoptant une bonne hygiène de vie et en faisant un contrôle régulier de la tension artérielle. Le Plan AVC 2010-2014 a notamment été mis en place pour donner ces recommandations, mais il avait aussi pour objectif d’améliorer la prise en charge et ainsi baisser le taux de décès des victimes. Un parcours de soins plus attentif a donc été prévu avec, comme l’explique l’Irdes dans son rapport, « un accès facilité à l’imagerie diagnostique – imagerie par résonance magnétique (IRM) et scanner – lors de la phase aiguë, et le développement d’unités hospitalières spécialisées, les unités neuro-vasculaires (UNV), pour la phase de rééducation et de réadaptation, afin d’éviter décès et pertes de chance de récupération des séquelles ». L’Irdes note en effet une amélioration de la prise en charge des patients depuis 2010 grâce à l’IRM, le pourcentage de personnes ayant effectué cet examen est passé de 29 à 40 %. L’étude souligne aussi que le taux de passage en UNV est en progression, mais seul un patient sur trois y est pris en charge, ce taux de prise en charge est fortement corrélé avec la disponibilité régionale en lits. Une meilleure accessibilité géographique en UNV est nécessaire car en Corse, par exemple, l’intégralité des habitants se situait à deux heures d’une UNV en 2012 et dans les régions montagneuses, ils se situent à quatre-vingt-dix minutes (99 % dans le Cantal et 62 % en Lozère). Il est important de mieux développer les UNV : « un patient sur sept décède au cours du premier épisode aigu. Un tiers des survivants est admis ensuite en service de soins de suite et de réadaptation (SSR), reconnu pour limiter les séquelles », précise l’Irdes. Le recours à la télémédecine pourrait présenter une réelle solution, notamment dans la « filière neuro-vasculaire pour un diagnostic précis et l’indication de la thrombolyse dans un premier temps ».

Campagne d’information et de prévention

La Haute Autorité de santé (HAS) préconise la généralisation d’une nouvelle technique de soin : la thrombectomie mécanique, qu’elle présente comme une « révolution médicale » dans son rapport public du 27 juillet. Jusqu’à aujourd’hui, en cas d’AVC ischémique – lorsqu’un caillot bouche une artère (80 % des cas) – on pratiquait la thrombolyse (la dissolution du caillot). La thrombectomie mécanique pourrait la compléter, voire la remplacer. En effet cette nouvelle technique consiste à aspirer le caillot à l’aide d’une sonde jusqu’à six heures après l’AVC, soit une heure et demie de plus que la thrombolyse. La HAS préconise aussi d’augmenter le nombre de professionnels de santé : d’autres spécialistes disponibles en plus des neuroradiologues habituels pour réaliser ces actes. Une campagne d’informations a même été menée afin d’informer à la fois les professionnels et « le grand public sur l’AVC et sa prise en charge ». De leur côté, les associations de lutte contre l’AVC poursuivent leur campagne de sensibilisation et de prévention en allant, cet été, à la rencontre des vacanciers, partout en France. Lors de son Tour des plages, la Girondine association présente plusieurs stands, dont un où il est possible de prendre gratuitement sa tension et sa glycémie.

Les cookies assurent le bon fonctionnement du site, en continuant la navigation vous acceptez leur utilisation.