AVC chez l'enfant : comment le repérer et comment réagir ?

Chaque année, environ mille enfants et nourrissons sont touchés par un accident vasculaire cérébral (AVC). Des accidents mal connus de la population qui en identifie difficilement les symptômes, ce qui retarde la prise en charge et accroît le risque de mortalité et de séquelles irréversibles.

Les adultes ne sont pas les seuls concernés par l’accident vasculaire cérébral (AVC). Chaque année en France, un millier d’enfants est touché par cette maladie, a rappelé la fondation pour la recherche sur l’AVC à l’occasion de la Journée mondiale dédiée le 29 octobre. Un chiffre largement sous-estimé par la population puisque, d’après un sondage publié le même jour par Odoxa, près de 78 % des Français citent un chiffre inférieur (même s’ils ont déjà été confrontés à l’AVC eux-mêmes ou par le biais d’un proche) et 13 % déclarent même que « cela n’existe pas » chez les plus jeunes. Cette méconnaissance « entraîne un retard de diagnostic, une mauvaise prise en charge et, par voie de conséquence, des séquelles souvent invalidantes, faisant de l’AVC la première cause de handicap acquis de l’enfant », souligne la fondation. En raison de ce retard de diagnostic, le taux de mortalité par accident vasculaire cérébral chez les mineurs atteint les 10 % et 75 % des survivants conservent des séquelles à vie avec une détérioration de leurs capacités physiques et/ou intellectuelles.

Des signes proches de ceux observés chez l’adulte

D’après le sondage, près de huit Français sur dix ne reconnaîtraient pas les signes d’un tel accident chez un nourrisson ou un enfant. « Pourtant, les symptômes sont assez proches de ceux observés chez l’adulte (hémiplégie, faiblesse d’un côté du corps, troubles du langage – aphasie, mal de tête brutal et très fort, déformation de la bouche), auxquels il faut ajouter des crises d’épilepsie et des troubles convulsifs », explique le docteur Manoelle Kossorotoff, neurologue à l’hôpital Necker à Paris et coordinatrice du centre national de référence de l’AVC de l’enfant. En présence de ces symptômes, la majorité des Français (entre 46 et 53 %) n’aurait malheureusement « pas le bon réflexe d’appeler le 15 et se rendrait directement aux urgences pédiatriques les plus proches de chez eux », note la fondation. Un quart à un tiers de la population aurait d’autres réactions comme l’appel aux pompiers, à SOS médecins, le rendez-vous chez le médecin ou le pédiatre ou encore pire… attendraient. Or, ce sont bien les médecins du Samu qui sont les mieux à même d’évaluer l’urgence de la situation par téléphone et d’organiser si besoin la prise en charge la plus rapide et la mieux adaptée. « L’élément le plus important […], c’est le temps, précise le professeur Jean-Louis Mas, chef du service de neurologie de l’hôpital Sainte-Anne et président de la fondation pour la recherche sur les AVC. Certains traitements très efficaces comme la thrombolyse ou la thrombectomie ne sont possibles que s’ils sont réalisés dans les premières heures qui suivent l’accident ». Au moindre doute, il est donc essentiel d’appeler le 15.

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