Cancer de la peau : l'impact d'un mélanome au quotidien

Comme chaque année au mois de mai, des dépistages du cancer de la peau sont proposés gratuitement, pendant une semaine, par le Syndicat national des dermatologues. Une étude inédite de la Société française de dermatologie vient de paraître, et cette dernière attire l’attention du grand public autour de cette maladie, qui enregistre une forte progression depuis vingt ans, avec près de 60 000 nouveaux cas par an.

Beaucoup de Français négligent l’apparition d’un grain de beauté douteux, de petites tâches et nient souvent leur évolutivité. L’Institut national du cancer (Inca) s’alarme, car entre 1980 et 2012, le nombre de cancers de la peau a triplé en France. L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) rappelle que, depuis plusieurs décennies, les Français adoptent souvent un comportement à risques en s’exposant davantage au soleil ou en faisant des séances d’UV. Les résultats de l’étude Objectifs peau-cancers cutanés, menée par la Société française de dermatologie (SFD) sont édifiants. Grâce à cette étude, la SFD espère « obtenir des institutions et autorités une meilleure connaissance des retentissements immédiats mais aussi au long cours, de tous les cancers cutanés, sur la vie du patient et de son entourage pour optimiser le parcours de soins et réduire le reste à charge ». L’enquête présente notamment des répercussions néfastes des carcinomes et les mélanomes – le plus dangereux des cancers cutanés, environ 1 400 décès par an sur les 15 000 nouveaux cas détectés – non seulement sur la vie des personnes atteintes, mais aussi sur celle de leurs proches. En effet, les conséquences sont à la fois professionnelles et économiques.

Désagréments et soutien

Les résultats de l’étude mettent en avant la difficulté de travailler pour les personnes atteintes de mélanome. On notera par exemple la fréquence des arrêts de travail qui s’accroît et, dans 14 % des cas, les malades « déclarent avoir subi une baisse de leurs revenus du fait de leur mélanome ». L’on y découvre également le poids que peut faire peser la maladie sur les projets des patients. En effet, 20 % disent avoir « rencontré des difficultés pour des dossiers d’assurance et 24 % pour des dossiers de prêts ». Par ailleurs, dans la vie privée, les trois quarts des sondés se sentent soutenus. Peu de conjoints estiment avoir vécu de moments difficiles, mais un sur deux affirme tout de même « s’être absenté de son travail au cours des six derniers mois en raison du mélanome de leur conjoint ». Malgré le soutien et la solidarité, le couple peut voir sa vie sexuelle perturbée pendant cette période, c’est ce que rapporte de la moitié des conjoints, dont 43 % d’entre eux observent une baisse de leur libido.

Un parcours de soins précis

En France, les dermatologues sont présents dans le parcours de soins et l’accompagnement des personnes souffrant d’un cancer cutané. Dans l’étude, elles sont 92 % à affirmer faire confiance à leur spécialiste, alors que dans la plupart des autres pays, les oncologues y sont préférés. 98 % des patients estiment même que la prise en charge proposée par leur dermatologue correspond à leurs attentes. Le suivi des cancers cutanés est optimisé, mais le parcours de soins n’est pas si simple à réaliser. Du côté de l’Assurance maladie, on constate que les soins de support, faits pour améliorer la vie des personnes malades tout au long du traitement, comme la psychologie, la diététique ou encore la sexologie, ne sont pas remboursés. Ils sont « considérés comme secondaires ou optionnels », explique la Société française de dermatologie. Un coup dur pour les malades alors que ces mesures d’accompagnements ont largement fait leurs preuves, elles « sont reconnues et plébiscitées pour leur capacité à améliorer la qualité de vie, mais paradoxalement on observe un faible recours à celles-ci, notamment à un stade métastatique ». Rappelons que le mélanome cutané peut « simplement » être retiré s’il est diagnostiqué avant un stade avancé avec des métastases.
Informations : http://dermato-info.fr et Guide de la Haute Autorité de santé

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