Des préservatifs désormais remboursés à 60 %

Depuis lundi 10 décembre, les préservatifs de la marque Eden sont en partie pris en charge par l’Assurance maladie. Une mesure inédite, qui intervient dans le cadre de la Stratégie nationale de santé 2018-2022 dont l’objectif est notamment d’éradiquer les épidémies d’infections sexuellement transmissibles (IST).

Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST). Depuis le 10 décembre, les préservatifs de la maque Eden, fabriqués par le laboratoire Majorelle et vendus uniquement en pharmacie, sont remboursés à 60 % par l’Assurance maladie. Cette décision inédite, annoncé fin novembre par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, a été prise dans le cadre de la Stratégie nationale de santé 2018-2022. Son objectif : contrer le développement des épidémies d’IST en forte recrudescence depuis quelques années en particulier chez les jeunes. D’après Santé publique France, entre 2012 et 2016, les infections à chlamydia et à gonocoque (qui touchent majoritairement les 15-24 ans) ont été multipliées par trois en métropole et en Outre-mer. De même, sur les 6 000 nouveaux cas de VIH que l’on découvre chaque année en France, près d’un millier concerne les moins de 25 ans. Si les jeunes utilisent souvent le préservatif lors de leur premier rapport sexuel, ils auraient tendance à le délaisser pour les suivants. Selon la Smerep, au final, seul un étudiant ou lycéen sur deux y aurait recours systématiquement. En cause : le coût du préservatif, jugé trop important. Dans un sondage Elabe réalisé en novembre, 75 % des 15-24 ans se déclaraient d’ailleurs prêts à l’utiliser davantage s’il était pris en charge par la Sécurité sociale. C’est désormais chose faite, du moins en partie.
Prescription du médecin ou de la sage-femme
Pour bénéficier de ce remboursement, il faut se présenter en pharmacie avec une prescription du médecin (ou de la sage-femme). Prise en charge incluse, les préservatifs Eden coûtent désormais 1,30 euro la boîte de six et 2,60 euros la boîte de 12, soit un peu plus de 20 centimes l’unité. Pour le laboratoire Majorelle, ce nouveau dispositif permettra de « replacer les professionnels de santé au cœur du système de prévention avec un message fort sur l’intérêt du préservatif, et d’installer un nouveau réflexe lors des consultations dédiées à la contraception et à la santé sexuelle ». En outre, compte tenu « des cas de transmission qui seront évités », le préservatif remboursable aboutira à «  d’importantes économies dans les prochaines années ». Actuellement, la prise en charge des IST s’élève à en effet 2 milliards d’euros par an. Mal soignées, elles peuvent conduire à l’infertilité, à certains cancers (de l’ovaire notamment) ou encore causer des maladies hépatiques et neurologiques graves dont les traitements sont très onéreux.

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