Les femmes enceintes consomment trop de médicaments

En France, le nombre médian de médicaments prescrits aux femmes pendant leur grossesse est de neuf. Ce chiffre est beaucoup trop important pour l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), qui appelle à la prudence.

Une étude réalisée par des chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) révèle qu’en France le nombre médian de médicaments prescrits à une femme enceinte durant sa grossesse s’élève à neuf. « Les femmes enceintes françaises sont parmi les plus grandes consommatrices de médicaments sur ordonnance à travers le monde », constatent les auteurs de l’étude. Cette situation a alerté l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), qui rappelle que, « de manière générale, l’utilisation de médicaments, y compris ceux vendus sans ordonnance, doit être évitée au cours de la grossesse ».

Des risques pour l’enfant à naître

La grossesse est une période à risque. « Certains médicaments sont susceptibles de provoquer des effets sur le développement embryo-fœtal », rappelle l’agence : malformation, atteinte de la croissance, troubles cognitifs…, la liste est longue. Pour limiter les dangers, l’ANSM a donc émis des recommandations à destination des professionnels de santé. Elle précise que, « si un traitement s’avère nécessaire, il revient au prescripteur d’en évaluer le [rapport] bénéfice-risque pour la patiente et son enfant à naître ». L’agence recommande par ailleurs aux femmes enceintes de ne jamais prendre un médicament « sans avoir préalablement pris conseil auprès d’un professionnel de santé ». De plus, elles ne doivent en aucun cas arrêter ou modifier un traitement prescrit « sans en avoir préalablement parlé avec un médecin, une sage-femme ou un pharmacien ».

Des pictogrammes sur les boîtes de médicaments

Depuis le 17 octobre dernier, des pictogrammes avertissant des risques pour les femmes enceintes sont imprimés sur les boîtes de médicaments. Ce dispositif avait déjà fait son apparition en mars 2017 sur les emballages contenant du valproate ou des produits dérivés, à la suite du scandale de la Dépakine. Les autorités de santé ont pris la décision de l’élargir aux « boîtes de médicaments présentant des risques pour les femmes pendant leur grossesse » afin de permettre « une meilleure visibilité de l’information relative à ces risques, déjà signalée dans la notice du médicament ». Deux modèles existent : le pictogramme « danger », qui indique que « le médicament doit être utilisé uniquement s’il n’y a pas d’autre médicament disponible », et le pictogramme « interdit », qui informe les patientes « que le médicament ne doit pas être utilisé ».

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