Halte aux violences verbales faites aux enfants

Parce que certaines phrases prononcées sans réfléchir par des parents en colère peuvent avoir des répercussions à long terme sur leurs enfants, des associations ont lancé, mardi 12 septembre, une campagne afin de sensibiliser le grand public sur les conséquences des violences verbales.

Les mots peuvent blesser encore plus profondément que les punitions corporelles. Pour que les parents prennent conscience des conséquences délétères de la « violence éducative ordinaire » (VEO) sur le développement de leurs enfants, l’Observatoire de la violence éducative ordinaire et Stop Veo – Enfance sans violences ont lancé la première campagne de sensibilisation sur l’impact des violences verbales sur les enfants.

Quand la violence se cache derrière les mots

Un petit film de cinquante secondes, diffusé du 15 septembre au 20 novembre (date de la Journée internationale des droits de l’enfant) à la télévision et relayé sur les réseaux sociaux, met en scène cinq adultes hantés par le souvenir d’une petite phrase blessante entendue maintes fois au cours de leur enfance. « Mais qu’est-ce j’ai fait pour avoir un fils comme toi ? », « Si j’avais su j’aurais pas eu d’enfant », « De toutes façons, tu as toujours été plus lent que ton frère » : autant de paroles dures qui auront poursuivi ces personnes tout au long de leur vie et dont le souvenir les fait encore souffrir.

Attirer l’attention sur les violences éducatives

Qu’elles soient prononcées par maladresse ou par méchanceté, ces phrases, dont la portée est minimisée, font pourtant partie de ce que les associations appellent la violence éducative ordinaire. A travers leur campagne, celles-ci souhaitent faire comprendre aux parents que certains propos sont des violences qui nuisent à l’intégrité des enfants et compromettent leur confiance et leur estime d’eux-mêmes.

Un impact sur la santé physique et mentale

Dans le cas des violences verbales, les marques sont invisibles, mais ces mots qui rabaissent peuvent laisser des traces indélébiles. Ainsi, l’angoisse, l’anxiété, le manque de confiance en soi, l’agressivité chez des personnes adultes sont souvent liées aux violences verbales éducatives qu’ils ont subies pendant l’enfance. Et peut-être reproduisent-ils ce qu’ils avait vécu, les mêmes humiliations anodines en apparence.
La campagne n’a pas pour objectif de culpabiliser les adultes, mais de leur faire prendre conscience de la grande vulnérabilité psychique des enfants. Si un parent laisse échapper une parole vexante (personne n’est infaillible), il doit alors corriger son erreur en expliquant que les mots ont dépassé sa pensée. Pour que l’enfant s’épanouisse, il faut avant tout l’encourager et garder une attitude bienveillante, l’aider au lieu de le dénigrer, rappellent les promoteurs de la campagne.

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